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Articles en archives
C'est la rentrée !
Le Grand Kiff, 18 au 22 juillet 2009 à Lyon
Que vaut la parole ?
Les Bibles illustrées
La transmission
Les cathares
Le prédicateur laïc, bibliographie de base
Mieux vivre la vieillesse, choix de livres
3ème Salon protestant du livre
Forum évangélisation, de la parole aux actes
Psychanalyse et violences religieuses
Le point de vue
Le point de vue, colloque international francophone d'analyse narrative biblique, Paris, 8 au 10 juin 2006
Le protestantisme aux éditions Olivétan, à l'occasion de Boutissaint 2006
Femmes et religions
Michel Théron, un homme en quête de l'Enfant intérieur
Lire en fête 2005 : Orients, Jérusalem, Constantinople, du document à la recherche
Partenariat fraternel de la Voix protestante
Le cartable de l‘apprenti théologien
Les livres remarquables sur Jean-Sébastien Bach
Livres sonores et livres en grands caractères
Introductions au protestantisme, choix de livres
Choix de livres pour les confirmations
La laïcité, choix de livres
Autour du Deuil
2ème Salon protestant du livre, Forum Laïcité, Salon du livre de Paris 2005
Sélection de livres pour Noël
1er salon protestant du livre, septembre 2004
Jean-Jacques Rousseau était-il protestant ?
Paul Ricoeur, brève sélection de livres autour de son oeuvre
Le temps de Pâques, pour petits et grands
Voile et la laïcité
Le clonage, la nature humaine en jeu ?
La mondialisation en livres
Une bibliothèque jeunesse en paroisse |
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Le protestantisme aux éditions Olivétan à l'occasion de Boutissaint 2006
L'Arrêt aux pages s‘associe à un rassemblement protestant hors les murs de l'Eglise, dans un lieu touristique et familial, le Parc animalier de Boutissaint, à Treigny, en Bourgogne. Sous l‘impulsion dynamique des pasteurs Marie-Odile Miquel
et Frédéric Genty, dimanche 21 mai, de 10h à 17h,
6 Eglises réformées de la région parisienne (Auxerre, Châtillon-Coligny, Fontainebleau, Melun, Montargis et Sens) organisent une journée d‘Eglises,
prélude à des Rencontres de Boutissaint.
Les éditions Olivétan proposent un catalogue de printemps 2006 renouvelé, composé de nouvelles collections, plus de titres et le souci de s'adresser à un public non confessionnel. Cet entretien est tout de suite suivi d'une rencontre avec l'un de leurs nouveaux auteurs, Gilbert Charbonnier, sur son livre « Dieu n'est pas chrétien ».
Arrêt aux pages : Comment définiriez-vous les éditions Olivétan ?
Franck Nespoulet, éditions Olivétan : Olivétan est un petit éditeur à structure associative. Nous sommes au service des Églises, et surtout des lecteurs. Nous proposons des ouvrages autour de la foi chrétienne – j'aime bien le mot d'"édification", des documents liturgiques... Nos recueils de chants sont beaucoup utilisés dans les églises protestantes. Et notre catalogue propose également, comme vous l'avez remarqué, des ouvrages de réflexion sur tel ou tel aspect du monde, de la société, de l'histoire, d'un point de vue protestant.
AAP : En ce début d'année 2006, vous publiez plus d'une dizaine de nouveautés. L'année 2006 augure-t-elle d'un changement ?
Franck Nespoulet : La création des Éditions Olivétan il y a deux ans était un réel changement. Basées sur la structure de Réveil Publications, elles ont diffusé les Bergers et les mages, avant de regrouper leur catalogue avec cet éditeur de l'église réformée. Elles ont également diffusé du matériel de catéchèse, dont celui de l'ancienne Société d'édition et de diffusion. Nous restons une petite structure, nous ne jouons pas dans la même cour que les grands éditeurs, mais nous espérons nous développer dans les années qui viennent, à notre échelle. La sortie du recueil de chants Alleluia, aboutissement d'un travail de longue haleine, et le développement du catalogue, vont dans ce sens.
AAP : Quelles sont les collections que vous allez particulièrement valoriser ?
Franck Nespoulet : La petite collection « Convictions et Société » est trop neuve pour avoir encore vraiment fait ses preuves, mais les échos qu'elle suscite sont déjà favorables. Ces petits livres sont écrits dans la perspective d'un public plus large que les seuls membres confessants des églises.
Ceci ne nous empêche pas de continuer à développer une collection de spiritualité comme « Veillez et priez », qui propose des méditations par lesquelles de nombreux lecteurs peuvent avancer dans leur foi. Une autre collection, « Parole vive », qui fut lancée par les Bergers et les Mages, est stimulante, d'un format accessible, et correspond bien à la "niche" qui est celle d'Olivétan. La collection « Edifier et former » regroupe des livres de formation, à plusieurs voix, destinés à un public de responsables et de membres d'églises. Les collections « Vivre en église »,« Récits, histoire, biographies » ou « Lecture de la Bible » s'enrichissent à leur rythme, quelque titres par an.
Olivétan ne va pas se mettre à publier 50 titres chaque année. Nous n'oublions pas que c'est la diffusion qui reste déterminante. Une nouvelle personne est venue récemment rejoindre notre service commercial, et j'espère que cela nous permettra de vous donner de nos nouvelles plus souvent !
Propos recueillis par écrit par Guylène Dubois, le 6 mai 2006.
Entretien avec Gilbert Charbonnier, qui a écrit pour les éditions Olivétan le récit de son parcours de la Palestine, et son analyse du pays dans Dieu n‘est pas chrétien
Arrêt aux pages : Gilbert Charbonnier, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous dire ce qui vous a mené jusqu'en Palestine, en 2004.
Gilbert Charbonnier : Comme pasteur, j’ai fait le choix de passer ma vie active au service de la Parole de Dieu dans les Eglises réformée et luthérienne de France. Dans mes divers engagements, suivant les Béatitudes, j’ai été particulièrement attentif à ce que St. Paul appelle la folie de l’Evangile qui annonce la joie à ceux qui sont malheureux et qui pleurent, la liberté aux captifs, la paix à ceux qui vivent la violence. J’ai servi comme aumônier aux Armées, notamment pendant la guerre d’Algérie. J’ai été pendant 29 ans aumônier des prisons ; directeur d’un centre d’hébergement et de réinsertion sociale pendant 11 ans, je me suis occupé de plusieurs formes de pauvreté et de marginalisation. Dans ma vie personnelle et familiale, j’ai aussi connu le conflit et le deuil. Retraité, je suis engagé depuis 7 ans comme aumônier dans le monde de la santé et du handicap. Je suis convaincu que Dieu agit prioritairement dans les situations limites à vues humaines. La Passion et la Résurrection de Jésus-Christ m’ont naturellement conduit vers des situations de conflit, d’exclusion, de discrimination et de mort. C’est dans cette perspective que j’ai entendu, en 2003, l’appel de détresse des Eglises palestiniennes (notamment celui du Père Munib Younan, évêque luthérien à Jérusalem) adressé aux Eglises de France. Je me suis mis à disposition de mon Eglise évangélique luthérienne qui m’a envoyé participer à un « programme œcuménique d’accompagnement en Palestine-Israël » .
AAP : Vous citez deux textes en exergue de votre livre, le premier de Berdiaev, et le second de Tarafa El-Bakri. Pourquoi ce choix ? Et comment les articulez-vous entre eux ?
Gilbert Charbonnier : Beaucoup de textes me faisaient envie pour l’exergue. J’ai dû me limiter à deux. Si j’avais choisi une pensée chrétienne et une juive, cela aurait certainement paru équilibré et juste. J’aurais aimé faire telle ou telle citation juive, mais j’ai opté pour l’autre solution. Nous avons aussi besoin d’accueillir la spiritualité musulmane qui nous apprend à respecter la totale souveraineté de Dieu (Allah), de sa miséricorde et de sa justice, sur l’histoire des hommes. Les chrétiens ont tellement dit que Dieu est avec nous (Emmanuel) qu’ils finissent par s’en faire souvent une image très humaine. Il convient de dire avec le chrétien orthodoxe Berdiaeff qu’en réalité c’est Dieu qui nous apprend ce qu’est la condition humaine, qui nous apprend à être nous-mêmes.
AAP : Le titre de votre ouvrage est-il volontairement provocateur ? pouvez-vous l'expliciter ?
Gilbert Charbonnier : « Dieu n’est pas chrétien » n’a rien de provocateur. J’avais plutôt peur qu’on me reproche d’énoncer un truisme. Si cette évidence parait si provocatrice, il ne faut pas s’étonner des conflits sanglants survenus dans le présent comme dans le passé au nom de Dieu ou de ses promesses … J’ai trouvé cette affirmation dans le livre d’un prêtre arabe, Elias Chacour, devenu depuis archevêque de l’Eglise catholique melkite de toute la Galilée, Israël. Il n’a rien d’une personne subversive. Quand on prend en considération la violence dramatique qui déchire ce que nous appelons la Terre sainte et ses populations, on ne peut que remettre en cause ce que nous disons de Dieu, à nous-mêmes et aux autres. C’est le seul endroit où les trois religions monothéistes ont une réalité politique, voire territoriale. Que sont capables de se faire les uns aux autres les croyants au Dieu unique ? Et aussi, que peuvent-ils faire ensemble ? La paix dans cette région du monde ne peut faire l’économie d’une révolution théologique dans les trois religions. «
La paix dans cette région du monde ne peut faire l’économie d’une révolution théologique dans les trois religions.
» Les chrétiens pourraient sans doute donner l’exemple, dans l’espoir que d’autres suivent .... Le titre de ce livre y invite modestement.
AAP : Au fil des vingt premières pages, vous commencez très durement votre présentation : les notions d'apatheid, de colonies, de réfugiés apparaissent rapidement. Comment avez-vous abordé le pays ?
Gilbert Charbonnier : Je suis allé dans ce pays sans idée préconçue. J’y ai trouvé un état de guerre où les droits de l’homme et les conventions internationales (Conventions de Genève) ne sont pas respectés. Apartheid, colonies, réfugiés ne sont pas des mots issus d’une analyse théorique ou idéologique ; c’est l’expérience quotidienne. D’ailleurs, ils font partie du vocabulaire des historiens contemporains du monde entier, y compris israéliens, pour parler des relations entre Israël et les Territoires occupés. Les premières pages du livre sont consacrées à un bref rappel des événements qui ont conduit à la situation actuelle, depuis la naissance du mouvement sioniste à la fin du 19° siècle, et depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948. La seule visite des territoires israéliens permet de se donner l’illusion d’un pays jouissant d’une paix que menacent seulement les inadmissibles attentats extrémistes palestiniens. Dans les Territoires occupés, la situation est bien différente : occupation armée et violente ; confiscation de terres ; destructions de maisons ; Mur de séparation qui isole les paysans de leurs terres, les étudiants de leurs établissements, et les membres d’une même famille ; vexations quotidiennes ; économie asphyxiée, etc…. Une politique d’annexion et de conquête violente est mise en œuvre de manière systématique.
AAP : Vous dites que pour les chétiens et l'annonce de l'Evangile, la Jérusalem Terrestre pourrait disparaître sans compromettre la Jérusalem céleste. Vous insistez aussi sur le fait que la "pénétration du religieux dans la vie quotidienne" rend difficile la mise en oeuvre de la paix. Et pourtant, vous concluez que les Eglises chrétiennes en Palestine sont indispensables. Comment le sont-elles pour résoudre cette guerre ?
Gilbert Charbonnier : Les Eglises palestiniennes, dans leur diversité, sont menacées dans leur existence même. Mais le pays, la terre, où elles vivent n’a pas pour elles de caractère sacro-saint. Pas plus que la France, pour les communautés chrétiennes françaises. Si toutes les traces archéologiques du ministère de Jésus (y compris sa naissance, sa passion ou sa résurrection) et de l’histoire de l’Eglise primitive disparaissaient, cela ne compromettrait aucunement la foi chrétienne et la Bonne Nouvelle (l’Evangile) de la résurrection. «
Si toutes les traces archéologiques du ministère de Jésus (y compris sa naissance, sa passion ou sa résurrection) et de l’histoire de l’Eglise primitive disparaissaient, cela ne compromettrait aucunement la foi chrétienne et la Bonne Nouvelle (l’Evangile) de la résurrection.
» La mémoire des chrétiens subirait une perte considérable, mais leur relation à Dieu, leur foi, leur espérance ne seraient pas compromises. Leur capacité d’aimer serait encore intacte dans un monde tout entier promis au salut, et à retrouver son créateur, son maître miséricordieux. Les chrétiens me paraissent les seuls à connaître cette liberté de l’universalité du salut qui désacralise tout territoire. C’est pourquoi leur présence est si importante au cœur de ce conflit. Ils n’ont rien à perdre fondamentalement, et ils peuvent inviter tout un chacun à partager un pays qui, comme tous les pays du monde, est appelé à devenir une terre de justice. Ce pays encore plus que d’autres, peut-être, puisque l’histoire du salut y a trouvé son cadre géographique. Aussi petites soient-elles, les Eglises palestiniennes devraient être considérées par les Eglises du monde entier comme leurs porte-parole, témoins pour elles dans un débat crucial pour toute la communauté humaine ; et elles devraient être soutenues en conséquence.
AAP : Vous orientez le projecteur vers un centre de théologie de la libération ? Est-il unique ?
Gilbert Charbonnier : A ma connaissance, il est unique au Moyen-Orient. SABÎL, le chemin ou la source en langue arabe, la langue des chrétiens palestiniens. Dans leurs souffrances et leur détresse, ils désirent témoigner de l’Evangile et de leur espérance dans l’histoire qui leur est propre. C’est pourquoi, appartenant aux diverses traditions chrétiennes présentes en Palestine-Israël, ils développent une théologie contextuelle. Ils relisent l’Ecriture en la transposant dans leur situation concrète, et s’efforcent de discerner le chemin de la justice, condition de toute paix véritable, dans un conflit où leur avenir humain est en jeu. Aussi des théologiens de nombreux pays participent-ils à leurs travaux dans un esprit de solidarité, conscients que la parole des chrétiens arabes mêlés au conflit israélo-palestinien doit être entendue par la communauté chrétienne mondiale, et l’engage pour le témoignage qu’elle doit rendre dans la diversité des situations où elle se trouve suivant les pays.
AAP : Dans le dernier chapitre, vous invitez le lecteur à réfléchir sur l'histoire, et l'état du dialogue interreligieux, Islam-juif-chrétien, tout en disant que ce dialogue est "paralysé par la conviction d'excellence chaque religion s'identifiant d'une façon ou d'une autre à l'action divine pour le salut du monde". Comment le vivez-vous, vous personnellement ce dialogue inter-religieux ?
Gilbert Charbonnier : Pour moi, l’enjeu profond du dialogue interreligieux est d’essayer de dire Dieu ensemble dans la société sécularisée moderne, notamment dans notre Occident prospère, souvent tenté de se croire un modèle pour le reste du monde. D’abord je fais confiance aux juifs et aux musulmans quant à leur capacité de croire, et de recevoir l’Esprit Saint. L’Esprit Saint n’est autre que l’Esprit du Christ, mais les communautés chrétiennes n’en ont pas le monopole. La reconnaissance de la relation profonde du Saint Esprit avec Jésus-Christ n’est pas pour moi une question préalable, mais la finalité du dialogue à mettre en œuvre, d’un (long) chemin à parcourir ensemble. A charge pour les chrétiens de reconnaître de leur côté la valeur de tel ou tel aspect de la théologie de leurs frères, enfants d’Abraham. – Concrètement, ce dialogue consiste à la confrontation de nos textes sacrés fondateurs ; à une lecture comparative des deux testaments (juif et chrétien) de la Bible, et du Coran, en diverses rencontres. Sur le plan pastoral, tant dans l’aumônerie des prisons où j’ai été engagé que dans l’aumônerie hospitalière qui m’occupe actuellement, je m’efforce de vivre la solidarité interreligieuse dans l’accompagnement spirituel des diverses situations de souffrance. «
Sur le plan pastoral, tant dans l’aumônerie des prisons où j’ai été engagé que dans l’aumônerie hospitalière qui m’occupe actuellement, je m’efforce de vivre la solidarité interreligieuse dans l’accompagnement spirituel des diverses situations de souffrance.
» Des équipes communes de visiteurs d’aumônerie existent dans le respect mutuel, et donnent un témoignage de réconciliation, dans un contexte où l’ignorance mutuelle se cache souvent derrière le masque de la neutralité et de la cohabitation pacifique. Enfin, l’expérience réalisée dans l’Est de la France consistant en une exposition de peintures ou graphismes sur le thème de la paix réalisés par des artistes juifs, chrétiens et musulmans, me semble d’un grand intérêt, et parait prometteuse de la possibilité d’autres chantiers communs où les uns et les autres apportent leur identité propre et leur contribution à une œuvre commune. Dans les domaines du beau (l’art), du bon (la solidarité) et du don (la générosité), il y a sans doute beaucoup à inventer. Autant de jalons sur le difficile chemin d’une communauté spirituelle profonde et réciproque.
Interview par écrit, Guylène Dubois, le 30 avril 2006
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